La communication bienveillante ne rend pas les échanges plus "gentils". Elle les rend plus exigeants

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La communication bienveillante ne rend pas les échanges plus "gentils". Elle les rend plus exigeants
Photo by Issa K_T / Unsplash

J'ai récemment écouté un extrait d'une interview de Julia de Funès dans lequel elle remettait en question les apports de la communication non violente (CNV). Comme souvent, elle choisit de prendre le contre-pied des idées largement admises. C'est stimulant. Cela oblige à réfléchir plutôt qu'à adhérer sans recul.

En revanche, je ne partage pas son analyse lorsqu'elle laisse entendre que la communication bienveillante conduirait à une forme de faux consensus, où chacun éviterait les désaccords au détriment de la profondeur des échanges.

Sur le terrain, dans les entreprises que j'accompagne, j'observe exactement l'inverse.

La communication bienveillante ne consiste pas à être gentil. Elle ne consiste pas à éviter les conflits. Elle ne consiste pas à dire oui à tout.

Elle consiste à rendre possible des conversations que l'on n'ose plus avoir.

Exprimer un désaccord.
Faire un retour difficile.
Nommer une tension.
Dire ce qui ne fonctionne pas.

Mais le faire en s'appuyant sur des faits, en exprimant son ressenti, en clarifiant ses besoins et en restant orienté vers la recherche de solutions.

La bienveillance n'est pas un affadissement des échanges. C'est une exigence. Une exigence de clarté, d'écoute et de responsabilité.

Lorsque cette méthode est bien utilisée, elle permet au contraire d'aller plus loin dans les sujets, de lever les frustrations, de mettre les émotions à leur juste place et d'ouvrir un véritable espace de négociation.

Être bienveillant ne signifie pas être complaisant. Il est tout à fait possible d'être à la fois à l'écoute… et ferme.

Comme toute compétence relationnelle, la communication non violente ne s'improvise pas. Elle s'apprend, se pratique et demande de l'entraînement jusqu'à devenir naturelle.

Et n'oublions pas une réalité de l'entreprise : écouter, débattre et rechercher des solutions n'empêche pas la décision. À un moment, c'est bien l'entreprise et ses dirigeants qui arbitrent.

La communication bienveillante ne remplace pas le leadership.

Elle lui donne simplement davantage de chances d'être compris, accepté et suivi.

Et vous, avez-vous déjà vécu une situation où la communication bienveillante a permis d'aborder un sujet difficile… ou au contraire où elle a été utilisée comme un simple vernis relationnel ?